11 février 2012

Une contre-culture

   Dans les années quarante plusieurs afro-américains abandonnent le sud, raciste et hostile, et vont vers les villes industrielles du nord. Parmi eux il y a, en effet, des interprètes de blues, genre musical afro-américain, dans lequel la voix soliste est accompagnée par la guitare acoustique. Une fois arrivée dans les métropoles chaotiques du nord, le blues reproduit immédiatement cette atmosphère et ces bruits : la guitare passe aux sonorités électriques et amplifiées tandis que les rythmes deviennent plus vivants. D’où la naissance d’une nouvelle musique qui prend le nom de rhythm’n’blues (R&B) et qui donnera vie à la révolution du rock’n’roll grâce à sa rencontre avec la tradition du country blanc (musique populaire du Sud). Le rock’n’roll (signifiant « balancer », « rouler »…) est aussi une danse de couples connue depuis cette même décennie avec certains chanteurs appelés « screamers » qui scandaient les tempos en hurlant, souvent appuyés par un saxo. Little Richard en est un des plus connus.  Les poses acrobatiques du rock’n’roll sont les héritières des danses noires telles que le boogie–woogie ou le black-bottom.

 

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 boogie

Des danseurs de country                                                                             Des danseurs de boogie-woogie

 

   À la sortie de la seconde Guerre Mondiale, les États-Unis deviennent le symbole de la victoire. Les jeunes Blancs d’Amérique qui sont nés pendant cette guerre sont mal dans leur peau, n’ont aucun moyen d’expression : ils s’ennuient et se sentent étrangers à leur époque. Leur vie est encadrée par un ensemble de règles qui interdisent toute activité jugée immorale ou dangereuse, telle que la danse, les virées en moto ou encore les relations sexuelles. Contraignantes, ces règles mènent à leur non-respect. Cette rébellion de la jeunesse va engendré un conflit appelé « guerre des générations » opposant les enfants à leurs parents. La nouvelle génération, rebelle et débordante d’énergie est celle des teen-agers, c'est-à-dire, des baby-boomers nés pendant et après cette guerre. Ce sont eux, par leurs goûts et leurs aspirations, qui vont déterminer leur nouvelle façon de vivre : ils ont des motos, les garçons, une attitude de «mauvais élève » au sourire en coin, qui sèche les cours, fume et fait la fête sans arrêt. Quant aux filles, elles ont une forte admiration pour ces attitudes-là. Les teenagers détermineront également leurs propres modes vestimentaires comme les cheveux gominés, le blouson en cuir et les blue-jeans. Isolés socialement et culturellement, les Noirs s'expriment à travers leurs musiques endiablées dont le rock. D'ailleurs, c'est cette dernière qui alimentera la révolte des teen-agers. L’arrivée d’un certain Elvis PRESLEY sous les projecteurs, fera du rock’n’roll, un phénomène culturel mondial, un mythe, qui jusqu’aujourd’hui encore, reste d’une puissance inégalée.

 


James Dean & Marlon Brando

 

   Né en 1935 et issu d’une famille chrétienne du Mississippi, Elvis Aron PRESLEY se met, au fil des mois, à chanter comme les grands noms du blues, imitant leur accent et style guttural. Dès lors, on constate deux personnalités opposées d’Elvis : une première, timide, amateur de gospel ; et la seconde, version sauvage, braillant un rock’n’roll familier. Ce dernier retient l’attention de Sam PHILLIPS, producteur et patron des studios Sun, à Memphis. Il voit en Elvis, l’homme parfait, au potentiel commercial immense : il est Blanc et chante comme un Noir. Elvis enregistre en 1954, That’s All Right Mama, son premier succès, d’amplitude encore régionale, cependant. Nouvelle star du rock, PRESLEY devient l’idole de la Jeunesse américaine, avec des singles historiques. Radios et télévisions se l’arrachent. Le 24 mars 1958, un traumatisme national secoue la jeunesse américaine : PRESLEY est incorporé dans l’armée et part pour l’Allemagne. Ce départ a pour beaucoup valeur de symbole : le rock vient de mourir. Deux ans plus tard, le « King », comme on le surnomme, est de retour aux États-Unis mais voit sa carrière sombrer dans un rock insipide avec l’ « Invasion britannique ». Dans les années 60, le cinéma sera sa principale activité. Il meurt le 16 août 1977, à Graceland, dans de troubles circonstances.

 

Parti des États-Unis, un grand vent de fantaisie et de liberté souffle sur l’Occident. La France ne va pas tarder à être touchée.

 

Posté par Tperock à 15:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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